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Didier Migaud , président de la cour des comptes , s inquiete du budget 2019 de Macron

Le rapport de la cour des comptes regrette la faible réduction du deficit 2018 , et s ' inquiete des prévisions budgétaires pour 2019

Une fois encore, la Cour des comptes fait les gros yeux au gouvernement. Habitués à critiquer de façon récurrente la lenteur du rétablissement des comptes publics, les magistrats financiers ont trouvé cette année deux raisons d’inquiétudes supplémentaires. Le rapport annuel présenté mercredi 6 février pointe ainsi l’absence de réduction du déficit en 2018 et les grandes incertitudes entourant les prévisions pour 2019.


Un redressement qui s’essouffle


La Cour des comptes souligne d’abord que le gouvernement prévoit pour 2018 un déficit égal à celui de 2017. Voilà qui met fin « à huit années ininterrompues de baisse », déplore Didier Migaud. Pour le premier président de la Cour, c’est le signe inquiétant que « les efforts de redressement engagés par la France ces dernières années semblent désormais s’essouffler ».


Même si les chiffres définitifs pour 2018, attendus fin mars, peuvent être un peu meilleurs qu’escompté, cela n’empêchera pas la dette de continuer à grimper. Cette situation illustre « le décalage qui continue de se creuser entre la France et la majorité de ses partenaires européens », insiste Didier Migaud.


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En effet, alors que le taux d’endettement français va culminer à 98,7 % du PIB, celui de l’Allemagne est en passe de retomber à 60 %. « Un niveau de dette qui était le sien, et qui était aussi le nôtre, en 2007 », rappelle le premier président, que de nombreuses rumeurs donnent prochainement partant pour un siège au Conseil constitutionnel.


L’impact des mesures d’urgences


Si 2018 n’a pas été une bonne année pour le rétablissement des comptes, 2019 s’annonce plus difficile encore. Certes, la Cour des comptes estime qu’il n’est pas de son rôle de juger du « contenu et de l’opportunité » des mesures prises pour répondre au mouvement des gilets jaunes. Mais elle tient à tirer le signal d’alarme sur la façon dont celles-ci vont peser sur la trajectoire des finances publiques.


Estimé à 11 milliards d’euros, le coût des mesures annoncées en décembre a conduit le gouvernement à relever sa prévision de déficit, la portant de 2,8 à 3,2 % du PIB. Ce niveau mettrait la France en contradiction avec ses engagements européens, même si Bruxelles devrait se montrer flexible, une partie du déficit était due au double coût du CICE, qui représente en 2019 un surcoût de 0,9 point de PIB environ.


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Même révisée à la hausse, la cible de déficit pour 2019 ne sera pas facile à atteindre, met en garde la Cour. Pointant les « incertitudes » qui pèsent sur les prévisions du gouvernement, elle juge que les ambitions du gouvernement s’avèrent « affectées d’une fragilité toute particulière ».


Des dépenses à contenir


La première menace tient au contexte économique, qui s’est beaucoup dégradé ces derniers mois. De quoi rendre très « optimiste » la croissance de 1,7 % sur laquelle table l’exécutif. La seconde porte sur les économies supplémentaires de 1,5 milliard d’euros que le gouvernement s’est engagé à faire pour compenser en partie au moins le coût des mesures d’urgence. Quand, où, comment ? Les coupes dans les dépenses paraissent bien floues.


Ces nouvelles économies seront d’autant plus difficiles à trouver que le gouvernement avait déjà prévu dans son budget initial des coupes qui sont loin d’être assurées. Par exemple, le budget 2019 tablait sur 500 millions d’euros d’économie sur l’assurance-chômage. Vu l’enlisement des négociations entre partenaires sociaux, la Cour note pudiquement un « risque important » que les économies annoncées ne soient pas au rendez-vous.


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« Ni tableau d’honneur, ni galerie des horreurs »


Le rapport annuel de la Cour des comptes est l’occasion pour les magistrats financiers de livrer leur analyse sur le fonctionnement de nombreuses politiques ou institutions publiques.


Selon le premier président de la Cour, le rapport n’est « ni un tableau d’honneur, ni une galerie des horreurs, même s’il en existe ». Certaines administrations se retrouvent tout de même mises en cause, tandis que d’autres voient leurs efforts salués.


Cette année, le rapport note ainsi les progrès dans la lutte contre la fraude au travail détaché, tout en appelant l’État à accentuer l’effort. Il jette aussi une lumière particulièrement crue sur les rémunérations à EDF ou le fonctionnement du Mobilier national.



Mathieu Castagnet

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